Parfois, les mystères de la nature sont insondables, et la probabilité de trouver une chèvre en Alaska étant sans doute très faible, elle n'en est pas moins non nulle.
En dépit de l'énoncé précédant, la nature est bien faite puisque, la chèvre souffrant du froid, son métabolisme s'accéléra pour fabriquer un duvet plus épais et donc plus protecteur.
Les humains aussi vivent une forme d'harmonie avec la nature, inconsciente certes, mais impalpable. Impalpable parce que l'harmonie crée l'absence de collision. J'en viens au fait : je me trouvais au volant de ma voiture, vendredi dernier, et en quittant la ville, je distinguais plusieurs centaines de véhicules, grâce à leurs feux. Sur les trois voies, les voitures se faufilaient à gauche, à droite, de gauche à droite et de droite à gauche, comme dans un ballet mécanique. J'imaginai alors les automobilistes dans leur instant t : l'un rentrait du travail avec le sourire, l'autre chantait en écoutant Nostalgie, un autre maugréait à cause des ralentissements, une autre encore se curait le nez ou s'admirait dans son rétroviseur ; autant de vies sur la même voie, dans des chemins différents. Et le ballet continuait, dans une harmonie anthropomécanique.